Une nouvelle direction, une même mission
écrit le 02.10.2026Le 1er octobre, Ivana Goretta a pris la direction de La Maison de Terre des hommes Valais. Après plus de dix ans consacrés à l’enfance, elle met aujourd’hui son expérience au service d’une institution qu’elle rejoint avec enthousiasme, lucidité et un sens aigu des responsabilités. Animée par la certitude que chaque enfant mérite une chance, elle souhaite s’inscrire dans une histoire portée depuis plus d’un demi-siècle par un formidable élan de solidarité. Rencontre avec une femme pour qui les convictions n’ont de valeur que lorsqu’elles se traduisent en gestes concrets, au plus près des enfants.
Par Valérie Pellissier
« Intégrer une institution comme La Maison c’est prendre part à une histoire façonnée par des centaines de personnes avant nous. »
Ivana Goretta
Vous avez pris la direction de La Maison le 1er octobre. Avec quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle aventure ?
Avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi avec une grande conscience de la responsabilité que représente cette fonction. Accueillir des enfants qui viennent ici pour retrouver la santé est une mission exigeante. Leur bien-être doit rester au cœur de chacune de nos décisions.
J’arrive aussi dans une institution solidement ancrée dans le paysage valaisan, forte d’une histoire remarquable. J’ai beaucoup à apprendre. J’aborde donc cette nouvelle étape avec curiosité et un réel esprit d’ouverture.
Qu’est-ce qui vous a convaincue de relever ce défi ?
Avant tout, la mission. Depuis de nombreuses années, je travaille au service de l’enfance, que ce soit dans les domaines de la protection, de l’éducation ou de la santé. Ici, ces trois dimensions se rejoignent. Intégrer une institution comme La Maison c’est prendre part à une histoire façonnée par des centaines de personnes avant nous.
Votre parcours vous a conduite au sein de nombreuses organisations engagées pour l’enfance. Quelles étapes vous ont particulièrement marquée ?
J’ai commencé ma carrière dans le domaine des médias et de la communication, à la rédaction de 24 heures, où j’ai découvert le métier de journaliste. Cette expérience a profondément façonné ma manière de mettre en lumière des réalités souvent méconnues.
Quelques années plus tard, j’ai rejoint la Fondation Terre des hommes à Lausanne comme porte-parole. Ce poste m’a offert une chance unique d’accompagner la presse sur le terrain, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, pour lui faire découvrir le quotidien des enfants les plus vulnérables.
C’est dans ce contexte que je me suis familiarisée avec le programme des soins spécialisés. J’avais organisé un voyage de presse au Bénin, avec une journaliste et une photographe. Nous avions suivi le parcours d’une adolescente et d’un bébé venus en Suisse pour une opération du cœur, de leur prise en charge à Cotonou jusqu’à leur convalescence à Massongex. C’était une immersion totale dans ce programme et l’occasion de vivre de belles rencontres.
Par la suite, j’ai dirigé le département Communication et Recherche de fonds de Terre des hommes Lausanne, avant de prendre la direction d’une ONG genevoise spécialisée dans l’éducation et le développement. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que toutes ces expériences convergent naturellement vers La Maison. Elles me permettent d’y apporter un regard à la fois stratégique et empreint d’humanité.
Quelles sont les valeurs qui vous accompagnent depuis toujours ?
Mes parents m’ont transmis de belles valeurs et la conscience de la chance que nous avons de vivre ici. Mon engagement ne découle pas d’un événement particulier, mais d’une façon de regarder la vie.
Quatre valeurs sont fondamentales à mes yeux sur le plan professionnel. L’éthique, d’abord, parce que travailler avec des enfants exige une intégrité irréprochable. La solidarité, ensuite, envers les enfants, leurs familles, mais aussi entre collègues. L’équité, pour considérer les besoins de chacune et chacun avec justesse.
Et enfin, l’exemplarité. C’est sans doute la valeur qui me tient le plus à cœur. Nos paroles, nos actes et notre attitude doivent être à la hauteur de la confiance que les enfants placent en nous.
Selon vous, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la force de La Maison ?
Il y a ici deux grandes forces et elles sont peu communes. La première, c’est le niveau d’engagement des équipes. Travailler auprès d’enfants demande une implication et un sens des responsabilités qui dépassent le cadre d’un simple emploi. La qualité de l’investissement des collègues et des bénévoles auprès des enfants force l’admiration.
La Maison a tissé au fil des ans un réseau de solidarité absolument unique. Elle a su fédérer autour de sa mission des partenaires précieux qui, par leur engagement, leur temps et leur générosité, constituent un écosystème de soutien rare. Voilà sa deuxième force.
Que représente pour vous la confiance des donatrices et des donateurs ?
Elle est sacrée. Cette confiance nous oblige à la transparence et à la rigueur. Les donatrices et les donateurs n’apportent pas seulement une contribution financière. Ils sont les partenaires indispensables qui permettent à de nombreux enfants chaque année d’avoir une vie plus belle.
Qu’est-ce qui vous donne de la force lorsque les responsabilités se font plus exigeantes ?
Les enfants. La possibilité, à notre échelle, d’améliorer leur vie est une source d’énergie inépuisable. C’est un moteur qui ne s’essouffle jamais.
Quel message souhaitez-vous adresser aux bénévoles, partenaires, donatrices et donateurs qui font vivre La Maison ?
J’aimerais simplement leur dire un immense merci. Merci d’être là depuis toutes ces années, de vous mobiliser avec autant de fidélité pour ces enfants. J’espère de tout cœur que nous continuerons longtemps à avancer ensemble. C’est une cause magnifique, qui mérite tous les engagements.
Enfin, quel est votre plus grand souhait pour les enfants qui franchiront demain les portes de La Maison ?
Qu’ils repartent rassurés, en bonne santé, confiants face à l’avenir et avec de nouvelles ressources pour construire leur vie.
Merci de tout cœur, Grégory
Après plus de 16 ans au service de La Maison, Grégory Rausis a quitté ses fonctions à la fin du mois d’août. Tout au long de son parcours, il a œuvré avec passion, dévouement et détermination au développement et au rayonnement de La Maison, d’abord en qualité de responsable de la communication et de la recherche de fonds, puis en tant que directeur. Son investissement sans faille, son engagement exemplaire, son implication constante, sa vision et l’énergie qu’il a consacrée à notre mission ont marqué durablement notre institution et contribué au bien-être des enfants accueillis.
« Nous ne pouvons que regretter le départ de Grégory, tant il incarnait l’esprit même de La Maison, et lui exprimer toute notre reconnaissance pour le travail accompli et pour toutes ces années d’engagement au bénéfice de notre cause », souligne Michel Mottiez, président du Conseil de fondation.
Grégory transmet une institution saine et solide, et pour cela la famille et les amis de Terre des hommes Valais lui adressent leurs plus chaleureux remerciements et lui souhaitent le meilleur pour la suite de son parcours de vie.
