L'infirmerie de La Maison: un rôle majeur face au COVID-19

L’infirmerie de La Maison: un rôle majeur face au COVID-19

écrit le 22.06.2020

Un engagement exemplaire du personnel au service des enfants

Tous les jours, ils franchissent les portes de La Maison, en se demandant ce que la nouvelle journée leur réserve. Inlassablement, ils se mettent au travail pour accomplir leur mission. Au contact des enfants de Terre des hommes, des plus vulnérables, ils font en sorte que le destin ne s’acharne pas plus sur eux. Ils sont infirmiers, personnel de maison, cuisiniers, veilleuses ou éducateurs ; des professionnels parmi d’autres. Ils mettent toute leur bienveillance et leurs compétences à la préservation des 39 enfants présents déjà très marqués par la dureté de la vie et une certaine malchance. Chacun à leur manière, ils sont les héros du quotidien de La Maison sous la pandémie. Nous rendons hommage à leur action quotidienne complexifiée par les mesures sanitaires très contraignantes imposées par cette crise. Jour après jour, il n’y pas de place pour l’improvisation, il s’agit d’un nouveau mode de fonctionnement provisoire de La Maison qui doit tenir la route, parce qu’il en va de la sécurité des enfants et du personnel. Découvrons ensemble le rôle important de l’infirmerie de La Maison en cette période difficile.

Bricolage par les enfants sur le port du masque par le personnel de La Maison
Un bricolage réalisé par les enfants

L’infirmerie de La Maison: un rôle majeur

Des mesures de sécurité essentielles

La principale mesure qui a impacté le plus fortement La Maison est celle de la suspension provisoire des transferts d’enfants. Au moment de cette prise de décision, 39 enfants étaient à nos côtés et se voyaient donc dans l’impossibilité de rentrer chez eux.

Suite à cela, d’autres mesures ont été appliquées dans la vie de La Maison. Carlos, chef infirmier, a endossé la responsabilité du suivi de la progression du virus  ainsi que de l’application des directives du Conseil Fédéral à La Maison, en partenariat étroit avec les responsables de secteurs et la direction.

Face à cette crise sanitaire, c’est le quotidien des enfants et de l’ensemble du personnel qui a été chamboulé. Voici les mesures implémentées à La Maison dans le but d’assurer la protection des enfants, du personnel et des bénévoles qui gravitent autour de l’organisation.

Préalablement à l’annonce du CF du 16 mars, les enfants de La Maison ont été séparés en deux groupes afin de limiter le nombre d’enfants infectés si le virus devait toucher l’un d’entre eux ou un collaborateur. Un groupe de 26 enfants séjournait donc dans le bâtiment principal de La Maison (où se situe l’infirmerie) et un second, plus petit, de 13 enfants logeait au Pavillon. Il n’a pas été possible d’équilibrer ces 2 groupes pour des raisons d’ordre médical et sécuritaire. Afin de ne pas mélanger les enfants lors d’activités quotidiennes, l’école ainsi que le jardin d’enfants de La Maison ont fermé provisoirement leurs portes. Les consultations non-urgentes dans les différents hôpitaux ont été  reportées. Certaines opérations ont également été repoussées afin de ne pas saturer le système sanitaire suisse ou mettre en danger la santé de nos petits pensionnaires.

La Maison et le Pavillon
La Maison vue drone
Les mesures liées au COVID-19
Les mesures liées au COVID-19 à La Maison

Passage à l’infirmerie: observation du personnel et des enfants

Pour Naomi, éducatrice en formation à La Maison, son arrivée sur son lieu de travail est désormais synonyme d’une petite visite à l’infirmerie où Carlos, chef infirmier, l’attend pour prendre sa température avant qu’elle ne soit en contact avec les enfants. «C’est une mesure qui permet de protéger les enfants, mais aussi l’ensemble du personnel. Avec ce contrôle de tout le personnel au quotidien, on essaie de s’assurer que personne n’a contracté le virus.» nous explique Carlos.

Prise de température obligatoire pour l'ensemble des collaborateurs
Prise de température obligatoire pour l’ensemble des collaborateurs

Le port du masque nous oblige à nous regarder dans les yeux et à apprendre à lire les émotions de nos collègues d’une nouvelle manière.

Carols Guitterez, Reponsable du secteur infirmier

Mélanie, infirmière et physiothérapeute provisoire en temps de COVID

Balguissa vient du Burkina Faso. Elle est arrivée en Suisse au mois de novembre 2019 pour soigner des séquelles de noma. Cette maladie fulgurante s’attaque au visage d’ange des enfants qui la contractent. Ayant subi une greffe de peau au niveau de sa joue, il est indispensable pour Balguissa de pratiquer des exercices de physiothérapie quotidiens pour assouplir sa peau et regagner en mobilité au niveau de sa mâchoire. En temps normal, trois physiothérapeutes, Anne, Cathy et Lucy, se rendent à La Maison plusieurs fois par semaine pour réaliser ces exercices avec les enfants. En cette période de crise, c’est à l’équipe infirmière qu’incombe la responsabilité de ces soins physiothérapeutiques. Mélanie a rejoint le Pavillon où se trouve Balguissa pour appliquer la crème cicatrisante sur sa plaie et lui faire faire ses exercices.

Mélanie, infirmière à La Maison, fait faire à Balguissa ses exercices de physiothérapie suite à une greffe de peau
Mélanie, infirmière à La Maison, fait faire à Balguissa ses exercices de physiothérapie suite à une greffe de peau

Délocalisation des soins

Habituellement, les soins aux enfants sont prodigués à l’infirmerie qui se situe dans le bâtiment principal. Pour éviter de mélanger les enfants actuellement répartis en deux groupes, l’équipe infirmière se rend au Pavillon pour prodiguer les soins des enfants qui y séjournent. Ici, avec Fernando atteint d’une sténose de l’œsophage et dont le pansement est changé après qu’il ait joué dans le bac à sable. Célia, infirmière à La Maison, applique la pommade sur la cicatrice qui se trouve sur son abdomen.

Changement d'un pansement après avoir joué dans le bac à sable
Changement d’un pansement après avoir joué dans le bac à sable